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"Ma"  scène garage rock hexagonale : 1979-1999







Comment  résumer 10 ans de rock garage en France ?

Tout simplement en racontant sa propre expérience.

Evidemment, à ce compte là on ne peut prétendre à un contenu encyclopédique.
... Mais d'autres on déjà tenté avant ce genre d'aventure; ailleurs et d'une autre manière (cf "Scènes de rock en France"). Aussi il ne s'agira içi que de mon vécu personnel; ce qui n'empêche pas une tentative de "photographie globale".
... J'espère seulement que  les nombreuses archives et liens mis à disposition sur ce site vous apporterons des ressources utiles.
> Le chapitre Les Groupes hexagonaux par région sera par exemple une ressource très utile pour ceux qui cherchent des infos sur la scène garage rock 80's/90's française, éparpillée sur le web...



 Let's go !

...C'est toujours la même rengaine. Chaque époque influence la suivante et il y va de même pour le rock'n'roll. Si on voulait résumer la situation, c'est peu se tromper que de dire qu'en ce qui concerne le sujet traité, il a commencé pour beaucoup par l'écoute des Beatles et des Rolling Stones. Ensuite c'est une histoire de ricochets au fil des années et sur quelques continents.

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Rappel "historico-musical" :

Milieu des années soixante, les USA prennent la balle au rebond et le 60's punk décoiffe, nourrit au passage du rhythmn'blues. Flamin' groovies, Stooges et MC5 sont la nouvelle référence des teenagers et au milieu des années 70's  l'angleterre et l'australie font un écho durable au Detroit sound comme à celui de la côte ouest.
Les Radio Birdman en 1976 rentrent progressivement mais définitivement au panthéon des groupes cultes, tandis qu'en angleterre, les Gorillas laissent de belles trace en réveillant le glam naissant, et les Barracudas, début 1980 ramènent le surf  au goût du jour.
La suite, ce sont ces mêmes références qui vont se partager au fil des tournées, rencontres, labels...

Quelle scène ?

Le début des années 80 avait vu reculer les groupes vraiment rock (au moins au niveau des médias et de labels connus, genre : certains parrains comme Little Bob, Factory, Stocks, etc...) au profit de la scène new wave, cold,  dont certains specimens issus de la scène punk s'en tirèrent plutôt bien. J'ai par exemple de bons souvenirs de : Taxi Girl, Orchestre rouge, Marquis de sade, mais aussi dans un autre registre des :  Civils, Blessed Virgins, ...  Pour le reste, il me semble qu'en ce qui nous concerne içi, les aficionados du Detroit sound et du 60's punk ou de l'école Nuggets venaient plutôt du nord. Les Dogs de Rouen  étaient leur chef de file depuis 79, et une référence absolue, un étendard. "Too much class for the neighborood" provoquaient- t'ils, et franchement, on en a passé des soirées à chanter sur cet album ou sur "Legendary lovers".
Sinon, et pour faire court, le Rap venu des USA (avec son smurf quia laissé des traces) en 1982 commencait à être la nouvelle référence des jeunes plutôt issus de l'immigration (...) Mais c'est un autre sujet.







The DOGS
: "Shakin' with Linda" (1982)


SKYDOG, créé  par Marc Zermatti (boutique Open Market à Paris) était le label de référence alors et depuis 1973 avec la signature du ep Grease des Flaming Groovies.  On sentait donc encore bien l'influence du rock californien des 70's que des éclaireurs comme Zermatti permettaient de faire mieux connaître aux amateurs de rock français. C'est d'ailleurs lui qui organisa le premier festival punk à Mont De Marsan en 1977. (voir le bel article qu'en propose Stevie Dixon sur son site consacré à la presse française).

Puis arrivèrent  bien vite New Rose (Paris) et Closer (le Havre) (montés en 1981 et 83 respectivement) qui prirent le relais pour tout ce qui touchait au revival 60's Pop ou Punk. Ceux-ci développèrent rapidement un catalogue efficace mettant en lumière des tas de groupes devenus vite incontournables.

Le label EVA  de Paris nous fourni aussi dès 82 en rééditions de came d'époque, ce qui permettait de bien comprendre le pourquoi du comment, et ensuite Lolita, de la même équipe permit de découvrir le revival Paisley underground, comme on disait alors. (quoi que Skydog fut le découvreur des fabulous Prisoners, entre autres, ce qui n'est pas rien), et quelques groupes hexagonaux de qualité comme les Snappin' Boys de Vienne (38) par exemple.
Tout baignait et on était aux alentours de 84-86.


The BATMEN : Do the swamp rock (1985)

MON PARCOURS :

...Au milieu des années 80 je n'avais conscience d'une scène garage nationale que par le biais des disques de mon frère, achetés pour la plupart en vpc sur les catalogues New Rose, Sonic et Closer, et via les divers fanzines de référence. A posteriori, le peu de groupes que j'avais pu voir en concert durant ces années là oscillaient encore entre psychobilly, et alternatif. (Los Mescaleros, Les Crabs, Los Carayos...) Il faut dire qu'on était près de Lyon... Mais la scène alternative de chez Boucherie et compagnie s'était réveillée depuis peu, et des groupes comme les Béruriers noirs, La Mano, OTH, Parabellum ou la Souris déglinguée et j'en passe nous ont bien accompagnés.


OTH : "Le rap des rapetous" (1986)

NINETEEN faisant néanmoins super bien son boulot, tout un tas de nouveaux groupes venus de Toulouse, Bordeaux, Grenoble, Perigueux, Montpellier, Paris, et j'en passe inindèrent les pages de ce zine, et se retrouvèrent dans les bas des disquaires spécialisés ou non. (On les trouvait aussi à la Fnac).  Ce fut la folie Batmen, Coronados, Shifters, Shredded hermines, Kid Pharaon, Soucoups violentes...etc.

A ce moment là, les fanzines qui parlaient de ces groupes étaient Le Légume du jour, Tant qu'il y aura du rock, Rock Hardi, Nineteen, (enfin ça se terminait), Combo, Worst, Abus Dangereux, avec leur fameuse rubrique de chronique k7 démos "deux qui la tienne, trois qui la chronique" et les Inrockuptibles, créés en Mars 1986.  Sans compter le journal informatif New Rose et les diverse liste de vpc, bien utiles...
Puis tristement, doucement, les choses se cassèrent, Nineteen coulant définitivement...


Kid Pharaon : "Livin' underground" (1987)


1989, à Roanne, la scène rock se réveille grace à GRBD (suivre le lien)


Rennes

1993 : Grâce au label Dig Records et Guess Who, son petit frère, un éclairage est aussi proposé sur la nouvelles scène rennaise. Le garage punk 60's a de nouveau des émules. Découverte des Gloomies, Trapmen.. (cf la compilation Grignou's garage" que les Greenfish ont apportés avec eux lors de leur concert à Roanne/Ambielre). On sent bien vu l'age des membres des groupes que l'on a à faire à une nouvelle scène.

Chambéry is alive and well !

Juillet 1993 : le show des Bogeymen (Angoulème) et des Squares (Nancy) plus les Preachers au Parc du Buisson rond à Chambéry (un hasard que je m'y soit rendu.) > Cette (2ème ?) grande édition du fameux festival organisée par l'équipe Larsen met le feu aux poudres. Lire mes notes consacrées aux Bogeymen sur Action-time.

The BOGEYMEN, live Moulins, 1994


Eté 1993 : trip à Londres, et essai transformé sur la scène de Chatham (Milkshakes, Headcoats...) récemment découverte grâce à Larsen. Achat de disques.

D'autres "passeurs":

Découverte la même année de Sugar and Spice, catalogue de VPC lyonnais, et de Thierrry Uberti, rédacteur du zine Baba Yaga. Ce dernier est aussi collectionneur averti de 60's punk et copain de nombreux petits groupes revival  européens et internationaux du moment. Découverte des Doctor Explosion (Espagne), des Kaisers, (écosse), qui joueront à Lyon, et du beat italien. C'est aussi l'un de ceux qui met en avant la nouvelle série de compilation "Teen trash" (Music Maniac). (re)-découverte à l'occasion du groupe Marseillais The Cryptones, qui a l'honneur d'un volume compilatoire.

La connection du sud :

Cet été là, à St Cyprien (66), découverte par hasard aussi des Gardiens du Canigou, (futurs Beach Bitches) dans un bar de bord de mer pour une "fête de Noêl en plein été. Armé de mon seul t-shirt des Squares je prends contact et encourage ce groupe délirant, leur promettant une bonne promotion.
Ce sera chose faite plus tard et le groupe aura l'occasion de venir jouer dans le "nord" un peu plus tard. (...)

En effet, peu de temps après, nous sommes introduit auprès d' une nouvelle association de Moulins "Sonic Ladyland" qui  nous donne l'occasion après écoute de notre démo de faire la première partie des Bogeymen. (Octobre 1994). Les Teengenerate, groupe punk japonais prévus quelques mois plus tard au même endroit me donne l'opportunité de proposer à l'organisateur les Beach Bitches en première partie.

3eme Rallye mod de Perpignan lors du meme séjour, (festival R&B week end) et découverte des Lykids (futurs Hushpuppies), Nuthins (Uk), Lazy Sundays (Spain), Strawberry Smell (Avignon) ...etc
L'association organisatrice Beat 66, dirigée par Roch Vidal (ex Ugly Things formés 4 ans auparavant) organisera deux autres éditions dans une salle avant de se rabattre sur un club en ville.


Les connexions se multiplient.

Entre temps, le fanzine Here de notre association Where The Action Is a prit ses marques et les envois promos des labels pour les chroniques de disques deviennent de plus en plus nombreux. Contacts réguliers avec Dig Records, Weed, Larsen, et découverte cette année là des groupes  écossais The Thanes et hollandais The Kliek, grâce à Dig. Ce dernier est invité à jouer à Lyon par une assoc mod.
Here les a interviewé juste avant dans son n° 4 : connexion hollandaise !

Janvier 1995 : Après voir repris contact avec Lyon, les Wakes et leur label via un trip au Rockstore de Montpellier où je rencontre Franck Zwiller boss de Cinelux, enregistrement de notre premier ep  au studio 8pm de la croix rousse.
La connexion mods du sud se concrétise doublement car j'ai pu voir en live à Montpellier les Pickpockets de Zwiller (ex Hawai Men), les Strawberry Smell et les Shapes.

Création de la première référence de Where The Action Is, le label, avec le 1er ep des Out Four (ex West of the Fields qui ont changé de nom pour l'occasion) qui sort en Mai.
Echanges avec les labels étrangers : Screaming Apple (Allemagne), Animal Records (Espagne), Butterfly, (espagne), Twist (Uk), Detour (Uk)...etc

Eté 1995 : 2eme petit trip à Londres. Découverte live des anglais Flamin' stars, des Diaboliks, Cybermen, Witchdoctors...


Allez St - Etienne !

Février 1996 : L'assoc Meantime de St Etienne nous invite à jouer la première partie des Preachers (Chambéry) au bar l'Entrepôt. La scène stéphanoise, plus ska et punk est bien active et les labels poussent presque aussi vite là-bas que les plans de canabis !
Meantime

Cinelux nous invite quand à elle à Sète le 08 Mars pour assurer la première partie des Kek' 66, le nouveau trio de Robert Mütter, chanteur des Kliek récemment séparés.

Tours de zinc

Avril 1996 : Trip à Tours et découverte live des Early Hours (Australie) au Brindzinc. Là bas, Adam dirige le fanzine Say What (futur X-plosion), et créera le label Makeface Records. Quelques semaines après, c'est au tour des DM3 (ex Stems), les parrains power pop australiens d'être invités par Gégé de Radio Dio à la Ravarine café, un bar excentré au dessus de St Etienne. Les Early Hours reviendront aussi au même endroit,  ainsi que Jack & the Beanstalk respectivement en Avril et octobre 1998. Paul Collins sera aussi invité au centre ville. On avait rarement vu autant de "têtes" d'affiche par içi...


En Juillet 1996, au festival Chamb'été rock au parc du buisson rond : Larsen accueille les Doctor Explosion (Spain)  et the Uninvited (Sicile).

En Août, c'est moi qui descend à Gijon (Espagne) avec ma douce pour le festival Yéyé organisé par les Doctor Explosion. Live : Gravestones, Shuffle Preachers (futurs Allnighters), Los Buhos, (Spain) et the Knave (Uk, ex Clique). De nombreux contacts avec des labels et fanzines sont pris sur place.

Le 13 Octobre : concert des Breadmakers (Australie) avec les Godzillas à Ugine, organisé par Larsen. Contact avec Mick basiste des Breadmakers et patron du label Corduroy records agency.

Entre temps, le label anglais mod-punk Detour a lancé une compilation "Modstock" qui archive sur le model autrichien "Beatomania" le festival beat de Saarbruken, (plusieurs groupes mods et garage européens se la jouent "Battle of the bands" durant trois jours).. et dans le même genre, quoique plutôt axé garage punk-surf, on remarque aussi le Wild Week-end à Londres en Octobre 98, et le Las Vegas Grind festival (USA, un méga festival organisé durant Halloween 99 et qui rassemble la crême des groupes du genre).  Des occasions de découvrir des dizaines de fomations d'un seul coup.

Juin 1998 : 3ème édition du Festival beat de Piacenza, près de Milan. J'accompagne Denis pour tenir le stand Larsen. Connexion italienne avec le tout jeune label Slok entre autre.

Ca (re) bouge à Lyon

De Octobre 98 à Février 99, renouveau d'énergie sur le lyonnais avec des organisations de concerts grâce à l'équipe du fanzine Arseplot, (dont Yannik du label Wiped out) et l'assoc Mansfield, connectée à la boutique Dangerhouse.
On peut ainsi voir les groupes : Woogles, Fortune & Maltese, Hentchmen, (usa),  Breadmakers (Australie)...

Denis
Denis, du fanzine Larsen devant les Hentchmen
(House of Musik, Lyon, 1999)



Au Pez ner, club rock de Villeurbanne, festival Banana juice (assoc Rennaise très active en terme de concerts et de production discographique) avec Dare Dare Devils, Atomic Spuds et Beach Bitches. Suivi en Mai par les Not of this earth and his famous Boo boos.

Ceci dit, les concerts sur Lyon receuillent assez peu d'échos et n'attirent pas beaucoup de monde. Paris s'est aussi réveillé depuis quelques temps déjà et ça bouge sec autour des Splash Four, des No Talents, Bang...
Mais c'est la fin d'une époque..


Keep on rockin' !

Malgré tout, et comme à son habitude, le rock'nroll un peu trop typé 60's/70's bat un peu en retraite, le punk prend d'avantage le dessus, la techno et le rap tentent une OPA... mais personne ne se rend !
Les groupes obscures continuent à répéter. Labels et fanzines continuent ou de nouveaux prennent le relais, et les scènes rennaise, Bordelaise, du sud, voir Chambéry ne démordent pas. Certains groupes (TV Killers, Splash Four réussissant même discrètement des carrières internationales...)
Certaines scènes comme à Rennes sont très actives. D'autres s'activent  comme à Bourges avec la Roller asso par exemple. Tandis que Lyon semble perdre de la vitesse.

Et puis...soudain, venus des USA  à nouveau... les Strokes cartonnent commercialement, et ça recommence !

Maintenant, on nous bassine avec les Plasticines et les Naast, combos parisiens bien sur eux qui font a couverture de la revue "rock" parisienne bien sur elle Rock'nfolk.
...
Mais ne vous y trompez pas : le vrai rock, dangereux digne de ce nom et original et toujours dans les fanzines, dans les petits bars, et vous feriez bien de laisser tomber la lecture de ce site si vous ne voulez pas louper un bon concert  près (ou loin) de chez vous !

C'est un phénomène de marée en fait, qui vient et se retire. Rien n'est jamais joué et si l'on prend la peine d'écouter les radios en ligne aujourd'hui, ou d'aller sur les sites spécialisés, rien n'a foncièrement changé. Il suffit de vouloir, toujours vouloir...

There is no end.