LE RAINBOW... et les sixties à Roanne (1961 -1973)


special pop
Rainbow tract
© collec. privée Francoise Bouligaud.
Actuel

La salle ("L'auditorium") mythique installée sur le site du  "Privé" bien connu des roannais.
Les programmations internationales progressives étaient répertoriées et analysées (entre autres) dans la revue nationale Actuel.

Celle-ci a dû fermer suite à un procès en Janvier 1974 pour cause de ... prolifération de Marijuana.
Voir ci-dessous l'article du journal à scandale  le "Meilleur".


fils a papa 1
fils a papa 2

Mais avant toute chose, rappel des évènements depuis les 60's...


"LES DERNIERES NOUVEAUTÉS ROCK DIRECTEMENT !"


Avant le Rainbow, divers club et bars ont permis aux jeunes des mid-60's de s'éclater avec la musique anglo-saxonne dans notre bonne vieille ville. Depuis 1961, on pouvait effectivement entendre les yéyés à la radio ou dans les juke box, et "la Potinière", (Palais des fêtes) rockersprogrammait pas mal de rock et variété française. Les artistes venaient en effet tester leur tournée à Roanne avant Paris. On pouvait aussi danser à la Cabane bambou, rue Général Giraud. (...)

Mais les vrais rockers ne vibraient pas tout à fait au son des mêmes ambiances. Ces oiseaux-là avaient pour noms : Stones, Ronnie Bird, Troggs, Animals, Them, Yardbirds, Smoke, ou Hendrix, Seeds, Doors, Velvet underground, Iron butterfly...
En bar on se réunissait au Sultan, place des promenades, ainsi qu'au Café des promenades (Pmu), et les clubs avaient pour noms : le CLUB 7, le PHREATIC, ou le MOULIN BLANC à st Victor s/rhin.

Le CLUB 7, monté par Barathon en 1966, était situé au Thuileries, à la sortie nord de Roanne, route de Paris (Rn7). Il fonctionna jusqu'au 30 Juin 1972, avec un changement de propriétaire en 1968 et de décoration en Juin 1969. Daniel Joffre pris donc la relève, avec un copain dj : Philippe Gueugnon. Ce dernier allait devenir une figure incontournable du rock le plus pur sur la région et l'hexagone. En effet, même pas majeur à l'époque, Philippe aux disques et aux lumières était un as de l'ambiance. Bernard (Crosby) se souvient : "Avant que je n'y mette les pieds, je n'avais pas trop de relations avec mes collègues de classe. J'écoutais déjà de la musique anglo-saxonne, chez moi. Les trucs de l'époque : Beatles, Stones, Animals... mais quand, en 1969, je rentre au Club 7, là, je suis accueilli par des stroboscopes et la musique à fond :  "Sister ray" du Velvet underground", ou "In a gadda da vida" d'Iron butterfly, dans une ambiance inouïe.
"Je n'ai jamais vu un mec passer de la musique comme ça nulle part et faire monter autant le public " se rappelle aussi Gérard, un autre habitué, qui servait à boire dans le wagon installé dans le jardin annexé au club. Un petit coin tranquille pour messieurs en manque de compagnie (...) Il distribuera aussi plus tard à 100 km à la ronde les affiches du Rainbow à venir.
"La seule musique française qui passait ici était "Hair" de Julien Clerc, et un morceau de Ferré."

Il y avait aussi des groupes qui jouaient de temps en temps. Mais leurs noms ont été oubliés. On retiendra néanmoins le Chico Magnetic band, dont Christophe Simplex, collectionneur garage-rock nous parle sur le site Rock à Lyon. (dernier paragraphe, "Zizanie")

(...) "Le club 7 accueillait au départ dans ses premières années les midinettes en après midi. Elle y montaient en petite bécane, avec leurs mini jupes. C'était trop cool. Puis ensuite, c'est vraiment devenu l'endroit branché où il fallait être. Philippe montait régulièrement en Angleterre et ramenait des tonnes de disques. Ce qui fait qu'on avait les dernières nouveautés rock directement." (Crosby*)


Le PHREATIC lui, situé rue du moulin à vent faisait plutôt club "mod". Ouvert en après midi et le Dimanche. Mais la musique était pas mal non plus."
(Propos recueillis auprès de Bernard Vergely "Crosby",  Christiane sa compagne et Gérard Aubret en 2009)

Ci-dessous des informations parvenues à l'origine par mail le 02 Mars 2009 de la part de notre ami Marc Liozon (Club des années 60) et qui ont été dévelopées depuis.

Concernant les "clubs" Roannais :

Il y avait également "la Pergola Dancing" (vers le bassin) le groupe attitré étant Alain Bordas.

La Potinière : outre les groupes en résidence : Jean Maury, Maurice Talvat on relève également (dès 68) HAUTE TENSION, SENS UNIQUE, LES SOUL-FINGERS (DE LOUIS GRAN), LES DAFFODILS, ZAGGUS (très psyché) , Bob Charly et les NEW YOUNG STARS  qui s'illustrèrent au Golf Drouot et prêtèrent leur matériel à EL TORO (mais si !)



LE PHRÉATIQUE (durée éphémère) où l'on note : LES TREEBLES, LES PLOOMS, LES POPPYS'FLOWERS (De Charlieu) (avec Jacques Girerd)
LE 7 : l'orchestre attiré en 69-70 était THE BIG-BIRDS (ex COBRAS) on relève également LES TRIFFIDS , BA BAS KOLAE (groupes anglo-saxons) ALAN SHELLEY, LES LUTÉCIENS , sans doute également VARIATIONS ? ( Un groupe connu par mois plus soirées à thèmes  comme tu le verras dans notre prochain numéro).
LA CABANE BAMBOU : LES ANONYMES, LES MYSTÈRES (ex Cobras), c LES DYNAM'BOYS, THE NEW STARS... Tous très "Rock"- Ambiance moins" guindée qu'à La Potinière même si ce dernier lieu était idéal pour draguer de belles nanas ...

Ps : Le premier groupe "rock" de Roanne se nommait "LES CHATS NOIRS ' - en 1961  !!!!!





UNE COMMUNAUTÉ TROP BRANCHEE

En 1972, Philippe et Daniel estiment qu'ils sont trop à l'étroit et décident de s'installer avec d'autres potes à Villerest, à la sortie Ouest de Roanne, dans une ferme, pour un projet plus conséquent. Là ils aménagent ce qui va devenir le RAINBOW, (renommé "l'ARC EN CIEL" peu de temps après), grand auditorium branché, avec un club annexé : "Le Privé", pour les plus riches.
Ce lieu excentré, ouvert le 13 Avril 1973  va être le théâtre d'expérimentations diverses (culturelles et philosophiques) incroyables.
Durant à peine cinq mois, son activisme et la qualité de ses programmations vont rayonner au niveau national et international. La revue Actuel, incontournable à l'époque s'en fera d'ailleurs souvent l'écho, tout comme Extra. (via Stevedixon.com)


Gong affiche
Image dénichée et scan fourni par Alexis F. (CC Rockaroanne)

Malheureusement, les dérives liées à la circulation un peu trop libre de la Marijuana aux abords direct de l'auditorium, et une vie en communauté pas très bien comprise ou percue par les riverains et la municipalité vont mettre fin à l'aventure.
En Septembre 1973 10 personnes sont arrêtées et en Janvier 1974 a lieu le procès. Actuel titre : "Coup de matraque sur Arc en ciel".
Ceux qui ont vécu cette histoire ne sont pas près de l'oublier.

Ps : C'est confirmé, Philippe Gueugon, après avoir émigré à Paris et vécu 30 ans dans le domaine musical, comme ingénieur du son et créateur de la chaine de salles "Satellit café"  revient à Roanne pour monter une de ces licences, route de Villemontais... sur l'emplacement de l'ex dépôt Emmaeus... juste en face du... Privé ! ... Incroyable !
L'ouverture devrait se faire en Janvier 2010.

Voir les articles de presse sur :
http://www.satellit-cafe-roanne-villerest.fr

...Une mise en orbite que l'on souhaite en tous cas plus prospère que celle de l'Arc en ciel. Croisons les doigts.


article Actuel arc en ciel

Article de la fermeture de l'Arc en ciel en Janvier 1974 dans Actuel.



* Merci à Bernard Vergely (Crosby),  Christiane sa compagne et Gérard Aubret pour leurs témoignages précieux et le prêt des documents de cette page.


Patrick ambierle